Depuis le début de cette enquête publique, dont les audiences se sont terminées en février 2011, la Ligue a assuré le suivi de son déroulement et mené des rencontres d’analyse visant à favoriser la concertation, lorsque cela était possible, entre les différents acteurs en cause. Elle a également mené des interventions publiques et politiques ponctuelles qui avaient pour objectif de ramener sur la place publique, les principales préoccupations et attentes formulées par la Ligue depuis le début du processus en regard des pratiques de profilage discriminatoire des forces policières, des différents facteurs favorisant l’impunité policière et de l’impact de la lutte aux gangs de rue dans des quartiers où l’on retrouve une population déjà marquée par la discrimination et l’exclusion sociale.
Au moment de la clôture des audiences, la Ligue a indiqué qu’elle espérait que, dans ses conclusions, le rapport du coroner traite de la question du profilage racial et fasse également des recommandations qui tiendront compte des graves lacunes que comporte le mécanisme d’enquête mis en œuvre lorsque des policiers ou policières sont impliqué-e-s dans la mort d’une personne ou cause des blessures à une personne. La Ligue a par ailleurs dénoncé les recours judiciaires introduits par la Ville de Montréal ainsi que par la Fraternité des policiers et policières de Montréal, contestant la décision du coroner ad hoc, André Perreault, de permettre la tenue d’un débat par ailleurs essentiel au contenu de l’enquête, portant sur le mécanisme de sûreté de l’étui à arme des policiers et qui auront pour effet de retarder indûment la sortie du rapport d’enquête. La Ligue a également interpellé les élu-e-s de la Ville de Montréal afin que soient revus les mandats confiés à leurs procureurs dans l’ensemble des dossiers qui portent sur des accusations de pratiques de profilage de policiers.
Dans le même sens, la Ligue a également appuyé la Coalition Justice pour Anas, afin de dénoncer les stratégies judiciaires de la Ville de Montréal et de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, visant à empêcher la tenue d’une enquête publique du coroner sur la mort d’Anas Bennis. (À noter que la Cour d’appel du Québec a finalement rejeté leurs requêtes). Par la suite, la Ligue est intervenue auprès du ministre de la Justice afin que le gouvernement assume les frais de représentations par avocat de la famille Bennis dans le cadre de l’enquête du coroner.
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